" L’alternance, un bon outil d’intégration "

" L’alternance, un bon outil d’intégration "
Olivier Ballenghien, Responsable de la mission « Handi-Kap »
publié le 09 septembre 2011

La formation en alternance peut-elle contribuer à améliorer l’intégration des personnes en situation de handicap ? Entretien avec Olivier Ballenghien, Responsable de la mission « Handi-Kap » du groupe de distribution de prêt-à-porter Kiabi.

Quels sont les engagements de Kiabi en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap ?

Depuis 2000, nous avons mis en place des accords-entreprise à ce sujet et nous sommes actuellement au quatrième accord de ce type, qui court sur la période 2010-2014. L’objectif premier est d’atteindre, voire de dépasser, le taux légal de 6 % de personnes handicapées dans nos effectifs. Nous en sommes actuellement à 4,5 %. Aujourd’hui, nous avons 160 collaborateurs en situation de handicap au sein du groupe et notre volonté est d’en accueillir 50 autres par année. En plus de ces objectifs chiffrés, la Mission « Handi-Kap » de Kiabi a pour mission de structurer la formation et l’intégration des collaborateurs en situation de handicap et de mener des actions de sensibilisation pour l’ensemble de nos collaborateurs.

L’alternance est-elle un bon moyen d’intégrer des personnes handicapées au sein de vos effectifs ?

Nous entretenons des relations avec des écoles partenaires et communiquons beaucoup sur notre politique en matière d’accueil des personnes en situation de handicap, afin de favoriser leur venue en stage ou en formation en alternance. Mais il faut reconnaître que les résultats restent faibles, car les personnes handicapées ne sont pas toujours identifiées par les écoles. Nous avons néanmoins développé récemment une action volontariste au sein de notre direction logistique, dans le but de former un groupe d’alternants handicapés au sein d’un site logistique. Monté en collaboration avec l’AFPA et plusieurs sociétés d’intérim, ce premier groupe a été une réussite, puisque les huit collaborateurs formés de cette manière ont été diplômés et viennent d’être embauchés en CDD.

Une telle action peut-elle voir le jour dans un autre secteur d’activité que la logistique ?

Difficilement, car un groupe d’alternants implique une grosse structure comme celle en logistique. Concernant le métier de conseiller de vente par exemple, sur un magasin dont l’effectif est de dix collaborateurs, il nous est difficile d’accueillir un groupe d’alternants. L’objectif dans ce cas est d’accueillir un collaborateur handicapé. Dans les services centraux, il est également compliqué de mettre en place un plan de recrutement d’alternants handicapés alors que les postes sont très hétérogènes. Il faut donc voir au cas par cas.

La formation en alternance ne peut-elle pas aussi permettre de détecter des talents parmi les personnes en situation de handicap ?

Si, bien sûr. Notre rôle étant de contribuer à la montée en qualification des personnes handicapées, ce qui est entrepris au département logistique de Kiabi est intéressant. L’alternance est un bon outil d’intégration et représente un levier durable d’insertion dans l’emploi.

Propos recueillis par Régis Delanoë