"L’alternance, un pas de plus vers l’employabilité"

"L’alternance, un pas de plus vers l’employabilité"
Laurence Federspil, Directrice du Centre IFOCOP Versailles et référent handicap du groupe
publié le 09 décembre 2011

En proposant dès 1969 de la formation professionnelle en alternance aux adultes, l’IFOCOP a fait figure de précurseur. Aujourd’hui, pas moins de 12 centres forment des demandeurs d’emploi et salariés dans toute la France. L’IFOCOP accueille depuis toujours des personnes en situation de handicap mais depuis quelques années, sous l’impulsion de Laurence Federspil, l’organisme veut aller encore plus loin avec une démarche très volontariste. Témoignage.

Comment accompagnez-vous les personnes en situation de handicap qui se présentent à vos formations ?

En 2008, j’ai proposé à notre direction générale de se rapprocher des réseaux partenaires (Cap Emploi, Agefiph, Sameth…) afin de communiquer sur les capacités de l’IFOCOP à accueillir des personnes en situation de handicap. Nous avons désigné un référent handicap dans chaque centre, organisé des réunions d’information et de sensibilisation pour cette nouvelle équipe et nous sommes dotés de ressources administratives afin d’évaluer l’étendue de notre mobilisation à destination des publics en situation de handicap. Aujourd’hui, certains de nos centres de formation sont « handi accueillants » en termes d’accessibilité. Nous avons la capacité d’adapter nos plannings à la problématique de chacun mais je dirais que nous sommes avant tout dans une démarche d’accompagnement humain. Nous mettons à disposition des publics en situation de handicap notre savoir-faire en matière d’accueil, d’écoute et d’accompagnement vers l’emploi.

 

L’alternance favorise-t-elle l’intégration professionnelle durable des travailleurs handicapés ?

Nos formations durent de 6 à 8 mois, 50 % du temps étant consacré à la période d’application pratique en entreprise. Dans tous les cas, l’alternance constitue un pas vers l’employabilité. Certains candidats refusent d’aborder leur situation de handicap au moment de choisir un stage en entreprise. Nous menons donc un travail d’accompagnement pour libérer la parole et les aider à aborder cette composante qui fait partie d’eux. A ceux qui considèrent que le handicap constitue un frein, nous leur montrons qu’ils peuvent transposer ça en avantage pour l’entreprise qu’ils vont intégrer. Il y a d’ailleurs de belles histoires comme celle de ce jeune homme, sourd de naissance et appareillé avec un implant cochléaire, qui a suivi une formation de manager hôtel-restaurant. A l’issue de son stage pratique chez McDonald’s, il a été recruté et, est rapidement devenu manager. Il a clairement fait de son handicap une force.

 

Que reste-t-il à améliorer en la matière au sein de l’IFOCOP ?

Nous devons encore travailler sur notre capacité d’accueil pour certains types de handicap. Dans l’idéal, nous aimerions pouvoir recevoir tous les publics. Par exemple, on pourrait imaginer avoir un traducteur en braille si un candidat malvoyant se présentait à nos tests d’aptitude. Ce qui est certain, c’est qu’il y a une vraie démarche volontariste pour ouvrir le plus possible les formations de droit commun aux personnes en situation de handicap.

 

Propos recueillis par Fiona Collienne